Et le vaccin pour les immunosupprimés, il arrive quand?

Depuis l’arrivée du vaccin contre la Covid-19, j’entends souvent l’argument selon lequel « absolument tout le monde » devrait se faire vacciner. Pourquoi? « Parce que certaines personnes ne peuvent pas se faire vacciner ».


  • Au lieu de vacciner uniquement les gens à risque, on a atteint « l’immunité de groupe ».
  • L’immunité de groupe était fixée à 75% (ce qui est, je vous le rappelle, une estimation selon un calcul dans un ordinateur).
  • Ensuite, au Québec, on se dit que l’immunité de groupe, ce serait peut-être mieux 90%.
  • Et après tout ça, on veut vacciner tout le monde. « Pour les immunosupprimés ».
  • Et après avoir vacciné tout le monde, deux fois, on parle déjà de le faire trois fois.

Dans notre vantardise perfectionniste de pays développé qui a fait de sa propre surprotection un dogme, on dit que les vaccins se détériorent avec le temps, sous-entendant l’idée d’un abonnement trimestriel — et pourquoi pas, mensuel à Pfizer et compagnie. Si ce n’est pas déjà fait, on devrait entendre « vaccinez-vous si vous avez des connaissances ou des gens dans votre région qui sont immunosupprimés ».


On ne parle pas de s’empresser de vacciner les gens dans les autres pays, quand seulement 30% de la population entière de la planète ont reçus ne serait-ce qu’une dose de vaccin. Je suis sur que, dans les pays plus pauvres, on ne parlera pas, non plus, des immunosupprimés, et d’à quel point vous êtes « michant » si vous, peuple, ne vous faites pas absolument tous vacciner excepté si vous êtes (littéralement) allergique au vaccin. On se contentera de l’immunité de groupe. Peut-être même d’un peu moins si ça suffit.


Le jeu de la culpabilité.


Certaines personnes aléatoires sur internet, comme certains politiciens, demandent encore aux non-vaccinés de se faire vacciner. Il faut le faire « pour les personnes immunosupprimées ». Sinon, vous allez sortir de chez vous, et sur la planète, il existe des gens qui ne peuvent pas avoir de vaccin, et vous risquez de les envoyer à l’hôpital, voire même de les tuer. « Vous ne voulez pas être un tueur, non? Ben allez vous faire vacciner ». Fort heureusement à part les émotions on a la logique et la raison. Et elle nous dicte que c’est assez stupide d’exiger que des milliards de personnes se fassent vacciner sous prétexte que quelques milliers de personnes sur la foutue planète sont incapables d’avoir un vaccin spécifique. En fait, l’infime nombre d’effets secondaires du vaccin multiplié par toutes les personnes sur la planète va tuer plus de monde que tous les immunosupprimés de la planète que vous allez sauver en vaccinant 100% de la population moins eux.


Parce que c’est quoi, une personne immunosupprimée? C’est une personne qui vient d’avoir une transplantation, et pour qui le vaccin contre la Covid-19 ne fonctionne pas du tout. Sinon, ce sont des cas très rares dans le genre « même les docteurs ne savent pas ce que j’ai ».


Et pendant que j’écrivais ce texte, le clou dans le cercueil de l’idée de « l’immunité de groupe » est arrivé: Les adultes 100% vaccinés transfèrent la Covid-19 aux autres à 50%. Alors même pleinement vacciné pro-vaccin anti-covidiot anti-conspirationniste qui s’est fait vacciner « pour les autres », vous pouvez quand même en tuer d’autres. Excepté que grâce à votre hostie de vaccin, vous penserez juste que c’est juste une grippe et vous allez tuer autant de personnes que les covidiots en vous pavanant avec votre passeport sanitaire — seulement avec la fierté d’avoir fait votre devoir de citoyen.


Vous ne voulez pas être un tueur, non?


Vous ne voulez pas être un tueur, non? Alors le vaccin pour les immunosupprimés, il est quand? Est-ce que quelqu’un le recherche en ce moment? Un vaccin mRNA approuvé en 10 mois quand, en temps normal, ça prend 10 ans. Ensuite? Des tests de vaccins mRNA contre le VIH. Mais il n’y aurait absolument aucun espoir pour les personnes immunosupprimées d’avoir un vaccin pour les sauver, eux? Il faudra plutôt que la planète entière, incluant les pays les plus pauvres du globe, dépense des milliards et des milliards de dollars, en plus d’innombrables heures (mois, années…) et d’innombrables ressources, pour vacciner au total plus de 8 milliards d’humains — peut-être même 4 fois par an ou plus — « pour le bien des personnes immunosupprimées » ?


J’crois que « pour le bien des personnes immunosupprimées » est une bien drôle façon de dire « pour l’argent ». Je ne sais même pas si « l’immunité de groupe » était nécessaire pour que la population Québécoise vive normalement, excepté pour certaines malheureuses victimes. En Gaspésie, il y a zéro cas de Covid-19 depuis plus d’un mois, et moins de 75% de la population est vaccinée (voir infos en fichier PDF ici). Chose sûre, Pfizer et compagnie voulaient de l’argent, et ils l’ont eu rapidement. Le problème, c’est qu’ils en veulent trop, trop rapidement, provenant des « mauvais » pays. Le Canada est un des endroits les plus en sécurité de la planète face à la Covid-19 présentement. Exiger que le Québec devienne encore plus en sécurité, immédiatement, n’est rien d’autre que de l’égoïsme qui va tuer des milliers et des milliers de personnes dans d’autres pays de la planète qui n’ont pas le luxe d’avoir été vaccinés en premier — tout ça pour « le bien » des peut-être 100 personnes immunosupprimées du Québec à qui on a fort probablement jamais demandé leur avis. Et si on leur demanderais « voulez-vous qu’on vaccine la population entière de votre région, ce qui va coûter quelques milliards de dollars? Parce que sinon vous allez être à risque. » ils ne répondraient fort probablement pas « faites-vous toute vacciner bande de covidiots », mais demanderaient plutôt s’il y a une façon plus facile… Comme un vaccin spécifique pour les immunosupprimés.


Mais c’est les compagnies pharmaceutiques qui ne seraient pas d’accord: Elles gagneraient littéralement des millions de fois moins d’argent. Et c’est là la source du problème: L’argent mène le monde.