Et si on en trouve jamais, de vaccin?

En plus du coronavirus, dans l’air, il y a un étrange optimisme. Des gens qui nous « rassurent », des politiciens qui se disent que « dans un mois » on va avoir un vaccin contre ce fameux virus qu’on a soudainement changé de sexe et renommé « la COVID-19 » … D’ou vient ce « un mois » ? Et si on en trouve jamais, de vaccin?


10 ans


Un vaccin prend en moyenne 10 ans avant d’être autorisé. Oui, dix ans. Le 2 Mars, Donald Trump a demandé à ce qu’un vaccin soit prêt en Novembre: C’est impossible. « C’est prétendre à la fois que ce sera fait extrêmement rapidement et qu’il n’y aura aucun contre-temps. » Selon Annelies Wilder-Smith, la pandémie “aura probablement atteint son sommet, et diminuée, avant qu’un vaccin soit disponible”.


Je rappelles que « Ce foutu virus est sournois et peut se transférer d’une personne à l’autre sans même que vous ayez des symptômes. » Comme cette personne, en Chine, qui revenait de Wuhan, mais qui n’avait aucun symptôme, et qui a quand même transmise le virus à neuf autres personnes. Et c’est pour ça qu’on demande aux gens de rester 14 jours confinés chez eux après un voyage.


La COVID-19 peut survivre en suspension dans l’air pendant environ trois heures.
Même à plus d’1,80 mètre du malade. « Les chercheurs s’appuient sur plusieurs études, dont l’une menée dans les chambres de 13 patients positifs au Covid-19. A l’intérieur, les échantillons d’air prélevés étaient contaminés. » C’est un possible contaminant « dans les cages d’ascenseurs, les magasins, les transports en commun… ». Alors, est-ce dangereux d’aller dans des endroits clos? Selon ce médecin, « on n’a pas ces données scientifiques ».


Pas rassurant.


Voici un résumé de la situation: Si vous sortez dehors, après 14 jours de confinement, que vous allez à un endroit public où quelqu’un a toussé dans les trois dernières heures (on s’entend, tousser, c’est commun, malade ou pas), vous ne savez pas si c’est dangereux. Si vous avez simplement mis votre main au même endroit qu’une autre personne, et que cette personne avait le virus (et on peut l’avoir sans avoir de symptômes), vous pouvez l’attraper aussi. Même si cette personne a touchée à ce même carton, plastique, ou acier inoxydable, il y a 48 heures. Même si on vivrait dans un monde en cuivre, si quelqu’un, asymptomatique mais porteur du virus, a mis sa main quelque part il y a 4 heures, et que vous y mettez votre main vous aussi, vous pouvez l’attraper aussi. Et toutes les personnes qui sont passées par la. Et ensuite, aller à un autre endroit public, et tousser, ou juste mettre votre main quelque part, et infecter d’autres personnes, et ça continue…


Démondialisation


Le premier ministre Legault parle de « démondialisation ». Il dit que « le télétravail, la livraison et l’achat local » feront partie de nos nouvelles habitudes « une fois la crise passée ». Moins d’importation, plus de production locale.


Alors, corrigez-moi si j’me trompes, mais pourquoi avoir besoin de télétravail, de livraison et d’achat local plus que d’habitude « une fois la crise passée » ? Voici ma théorie: La crise, c’est « le pic » de quelques mois. Et cette démondialisation, c’est la nouvelle norme nécessaire à appliquer aujourd’hui pour aplanir la courbe — et la garder comme ça — pour les 10 prochaines années, minimum.


Bien sûr, les cas vont diminuer. « La courbe va s’aplanir », la COVID-19 va disparaître, ou presque. Mais de temps en temps, il y aura forcément des épidémies de COVID-19 dans certains endroits publics. Pour la même raison que même aujourd’hui, on entend parfois parler d’épidémies de poux ou de rougeole dans certains endroits, certaines écoles.


Un certain Sadiq Khan, avec le quotient intellectuel d’un poteau de clôture (merci Tom Waits), disait que « le terrorisme était la nouvelle normale, et qu’il faudra s’y habituer » (lire: s’habituer à voir des connaissances mourir par respect pour la bible de quelqu’un). Je me demandes s’il dit aujourd’hui que la COVID-19 est la nouvelle norme, et qu’il faudra s’habituer à voir les gens mourir par respect pour le virus.


Alternatives aux vaccins: Des protections supplémentaires.


J’ai le privilège d’être jeune, et de n’avoir aucune immunodéficience (et de ne pas habiter en Chine ou en Italie, là ou la situation est terrible au point où, parfois, même les jeunes en santé ne sont pas épargnés). Ce qui fait en sorte que je n’ai pas peur de la COVID-19. Cette pneumonie-là, pour toute personne en santé au Québec, est juste devenue la nouvelle définition d’une vraie foutue « grippe d’homme ». Mais il faudra considérer quelque chose pour les personnes âgées, et même les jeunes asthmatiques et diabétiques, entre autres. Des protections supplémentaires. Des obligations de travail à la maison (oh — le télétravail dont parlait Legault?), et des choses comme ça. Des distributeurs de masques et des systèmes qui vous parfument d’une bonne dose de Lysol de la tête aux pieds chaque fois que vous entrez chez ces personnes à risque, ou je ne sais quoi. Parce que du jour au lendemain, c’est malheureusement devenu plusieurs fois plus risqué pour eux de simplement sortir dehors — pour des mois, voire des années.



Peu de danger pour les jeunes Québécois


Jusqu’ici, les statistiques démontrent qu’en bas de 50 ans environ (outre la Chine et l’Italie, entre autres, je répète), les dangers sont similaires à ceux de la grippe saisonnière. Les personnes à risque sont, plus ou moins, des personnes qui ont déjà peur de la grippe saisonnière. Probablement que lorsque la fameuse courbe aura diminuée, les personnes en bas de 50 ans, en santé, seront libres d’être en public et de se regrouper tant qu’elles le veulent — tant qu’elles ne croisent pas de personnes à risque (…sinon quoi? On va être en confinement pendant 10 ans?).


Cas spéciaux


Les cas de jeunes personnes en pleine santé décédées de la COVID-19 ont tous été, jusqu’ici, des cas spéciaux (incluant Li Wenliang, 33 ans — qui travaillait à l’hôpital central de Wuhan, qui a sonné l’alarme à propos de la possibilité de l’arrivée d’un nouveau virus… et qui en est décédé).


Ah, vous avez peut-être aussi entendu parler de la jeune Française de 16 ans décédée. Trois tests pour savoir si elle avait le COVID-19. Les deux derniers résultats sont négatifs, c’est rassurant. Le premier résultat arrive en retard, et est positif, et ensuite, la jeune fille décède. Pas très concluant.


Sinon, l’histoire du jeune Californien de 17 ans supposément mort du virus. Tous, les médias, se sont jetés, sur l’histoire, et ensuite les docteurs ont dit « c’est plus compliqué que ça » et il n’est plus sur la liste des personnes décédées du COVID-19.


Enfin bref. Chose sûre, pour les personnes à risque, c’est un tout nouveau danger et il y a de toutes nouvelles précautions à prendre. Chose sûre, mettre tout notre espoir dans un vaccin est une erreur.


Ah, à moins que vous voulez « vous sacrifier pour l’économie », comme cet hurluberlu du Texas