Trudeau accusé d’acheter les médias

En cette année d’élection, Justin Trudeau a décidé de donner 600 millions de $ aux médias pour les 5 prochaines années « pour aider leur industrie qui souffre« . Non, je n’ai pas eu cette info d’un site satirique qui fait des blagues, ça vient de CBC.


Selon Pierre Poilievre du Parti Convervateur, « Ce que Trudeau vous dit, c’est: Voici un demi milliard de dollars, ne mordez pas la main qui vous nourrit. » (…) « C’est l’antithèse d’une presse libre et indépendante« . Ces affirmations lui ont valu des accusations de « Trump-isme », accusations qui relèvent « de l’ignorance de la façon dont fonctionnent les médias« , de la part du directeur du journal Le Devoir… C’est assez ironique:


(Extrait d’un autre de mes textes)
Cambridge Analytica
, la compagnie de manipulation de masse, la « brainfuck machine » avec un concept de « culture as war » qui avait comme unique travail de manipuler l’opinion publique d’un peuple entier grâce à de fausses informations, avant d’être employée par Donald Trump, avant d’être employée pour le Brexit, avait été employée par le Parti Libéral du Canada.


Inversement, je suis d’accord que ça peut passer. Si on voit ça comme « le gouvernement » qui aide les médias, point final. Pas de partisanerie. Mais il y a toujours un doute… et je n’ai pas fini.


Jesse Brown, journaliste d’investigation qui fait, entre autres, des podcasts sur CanadaLandShow, a étrangement été invité à une rencontre secrète. Il s’est même demandé s’il était mieux d’y aller ou pas: Entre autres, il avait le droit de dire ce qui s’y passait, mais pas de nommer ceux qui étaient là. Cette rencontre secrète? C’était une réunion de tous les médias, pour décider, par eux-mêmes, qui des médias allait recevoir quelle part du 600 millions de $. Désolé, je n’ai pas trouvé le podcast. J’ai seulement écouté les bouts « importants » ici… Et je retranscris le plus important du plus important:


« Ça fait deux fois que j’vais à une rencontre à propos du « sauvetage des médias ». (…) Là une grosse compagnie, avec une grosse audience, a dit « Eh ben, ça devrait être déterminé en fonction d’à quel point ton audience est grande ». Et d’autres gens, d’autres compagnies, qui croyaient avoir de meilleures valeurs, disaient « ça devrait être en fonction des valeurs », et d’autres disaient « Bien non, ça devrait être à propos de l’innovation » (…) Je ne crois pas qu’on réalise à quel point nous sommes détestés. Je ne crois pas que les médias réalisent à quel point les médias sont détestés ». -Jesse Brown


Mais ce n’est pas tout le monde qui est critique. Au Québec, où Radio-Canada est le seul endroit ou on semble pouvoir entendre parler de ce « cadeau » (tiens donc), Martin Cauchon est d’accord.


« Ottawa reconnaît, par cet appui financier « le rôle crucial que jouent les médias d’information et la presse écrite dans l’ensemble de la fibre sociale et de la démocratie canadienne ». » (…) Alors on passe de « l’antithèse d’une presse libre et indépendante » à « reconnaître le rôle crucial des médias »… Probablement parce que Martin Cauchon est un ex-libéral, membre du « Conseil privé de la Reine pour le Canada » (moi non plus, je ne savais pas que ça existait), seul actionnaire de Groupe Capitales Média, qui publie Le Soleil (Québec), La Voix de l’Est (Granby), La Tribune (Sherbrooke), Le Nouvelliste (Trois-Rivières), Le Droit (Ottawa et l’Outaouais), Le Quotidien et Le Progrès (Saguenay).


« N’empêche que selon les informations transmises par Ottawa dans son énoncé économique, le gouvernement confiera à un comité consultatif composé de journalistes qu’il aura lui-même nommés le mandat de décider qui va avoir droit à cette aide. » –Radio-Canada.